À Moroni, une délégation du Fonds d’intervention pour le développement (FID) de Madagascar a séjourné du 16 au 27 août 2026 auprès des équipes du Projet Mayendeleyo (PFSS-RRC). Une mission consacrée aux pratiques de gestion et de mise en œuvre des filets sociaux de sécurité.
Pendant près de deux semaines, les équipes du Projet Mayendeleyo – Projet de filets sociaux de sécurité résilients et réactifs aux chocs (PFSS-RRC) – et celles du Fonds d’intervention pour le développement (FID) de Madagascar ont apprécié leurs expériences en matière de protection sociale.
Composée de trois responsables du FID, la délégation était composé par Rajaonarison Solofo Ialison, contrôleur de gestion, de Rabeman anoro Feno Zo, chef du service finances et comptabilité, et de Rakotondrasoa Herinavalona Luca, chef du service suivi opérationnel et veille stratégique.
La mission avait pour objectif d’examiner les méthodes utilisées par les deux institutions dans un secteur devenu central pour les politiques publiques : la capacité à identifier, accompagner et soutenir les ménages vulnérables face aux crises économiques, sociales ou climatiques.
Des pratiques de gestion passées au crible
Les échanges ont porté sur plusieurs aspects de la mise en œuvre des programmes de filets sociaux. Les délégations ont notamment comparé leurs modes d’organisation institutionnelle et opérationnelle, leurs dispositifs de gestion financière et comptable ainsi que leurs outils de suivi-évaluation.
Une partie importante des discussions a été consacrée aux procédures financières, notamment aux mécanismes de décaissement, de rapprochement des opérations et de clôture. Les participants ont également échangé sur les outils permettant de suivre les activités et d’en assurer la traçabilité, de la gestion financière jusqu’à la mise en œuvre sur le terrain.
Ces discussions techniques ont permis de mettre en regard des pratiques développées dans deux contextes nationaux différents, mais confrontés à des problématiques proches en matière de réduction de la vulnérabilité.
L’apprentissage par la comparaison
Au-delà des procédures, l’intérêt de la mission résidait dans la confrontation des expériences. Pour les équipes comoriennes comme pour leurs homologues malgaches, ces échanges ont permis d’identifier certaines pratiques susceptibles d’être adaptées, mais aussi de questionner les méthodes déjà en place.
Un atelier de restitution organisé à l’issue de la mission a permis de présenter les principaux enseignements tirés des travaux et de dégager plusieurs pistes d’amélioration et de collaboration.
À cette occasion, Ibrahima AHAMADA, coordinateur du Projet Mayendeleyo, a salué la contribution des membres de la délégation malgache et leur implication dans cette démarche d’apprentissage mutuel. La rencontre s’est achevée par une cérémonie de remise de certificats de reconnaissance aux trois membres de la délégation.
Une coopération régionale encore à construire
Cette mission intervient dans un contexte où les systèmes de protection sociale des pays de l’océan Indien sont appelés à répondre à des chocs de plus en plus divers : crises économiques, catastrophes naturelles, fluctuations des prix ou encore conséquences des tensions internationales.
Dans ce contexte, la circulation des expériences entre institutions peut constituer un levier pour améliorer les dispositifs existants, à condition de tenir compte des réalités propres à chaque pays.
L’échange entre le PFSS-RRC et le FID malgache illustre ainsi une forme de coopération régionale fondée moins sur le transfert de modèles que sur la comparaison des pratiques et l’apprentissage réciproque.
Pour les Comores comme pour Madagascar, l’enjeu reste le même : disposer de mécanismes de protection sociale capables d’atteindre les populations les plus vulnérables et de mieux absorber les effets des crises.